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Amaru-mayu (L’Amazonie 1)

AMARU-MAYU, “Grand Serpent Mère des Hommes”, c’était le nom qui les Incas donnaient à l’Amazon. J’en suis sure que aucun d’entre eux est arrivé à le parcourir entier, mais il ne faut pas le faire pour se rendre compte de leur magnitude!. Je ne suis pas partante de donner un paquet d’infos que personne ne va pas retenir, mais l’AMAZON C’EST LA RIVIERE EN MAJUSCULES, 6.800km de long, 20km de largue en pas mal de traites et au peu près 1.500 affluents. Il faut quand même le dire.

Amazonas

La vigueur de son haleine sont de forts courants qui veulent t’expulser; quand tu veux  le remonter c’est contre sa volonté, mais quand tu as décidé de t’en aller il va t’aider, il est aussi impatient que toi de te voir sortir rapidement. Juste à embouchure il faudra faire face à la violente Pororoca, une vague démesurée qui se forme grâce à la lutte entre la mer et la rivière à la fin de la saison de pluie, et que tous le ans fait venir des surfeurs de tout le pays. Mais on n’est encore là.

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L’Amazonie est juste comme vous l’imaginez, comme moi je l’imaginai, comme on la voit dans des reportages, comme il nous la montre Javier Reverte dans son excellent livre «La rivière de la désolation». C’est la qualification parfaite, les mystères de la forêt t’attrapent au temps que te suffoquent, la chaleur étouffant, les pénibles moustiques, et les dangers continus provoquent sur nous de changements d’humeur permanents, notre esprit se transforme tout d’un coup; on aime cette impénétrable et énigmatique forêt et tout de suite on déteste cette venimeuse et malsaine jungle.

San Sebastián da Boa Vista

Au bord de la rivière on voit de fragiles cabanes installées sur de pilotes en bois pourris à moitié, qu’hébergent de familles toujours nombreuses qui nous saluent affables depuis la penture de la porte délabrée, le fond de cette scène la forme un mur d’épaisse fleurie, grandiose, impénétrable, hermétique. Même pas la vue la plus aiguë peut pénétrer cette masse de verdeur, on ne peut pas percevoir quoi ou qui se cache derrière elle, on n’entend que les cris des sangles qui se disputent quelque caprice.

Ils ne peuvent pas aller à pied nulle part que pendant la saison sèche, à l’époque des pluies (entre novembre et avril)  c’est que leurs pirogues qui permettent aux gens bouger, c’est pour ça que –même avant d’avoir appris à marcher-  ils dominent l’art de la rame et sont capables de s’en sortir avec leur pirogue, et avant de savoir parler grimpent aussi facilement à une hamac que sur un arbre.
Les femmes flétrissent  plus tôt, pas loin des 25 ans, quand elles ont déjà eu son 6º ou 7º fils. Elles ne pouvaient pas croire qu’une vieille comme moi de plus de 35 ans leurs disse que peut être j’aurai un fils «un peu plus tard», elles me regardaient étonnées, la bouche ouverte, sans savoir si prendre ça au sérieux ou rire aux éclats.

saludo con madresaludo ninho
San Sebastián da Boa VistaSan Sebastián da Boa VistaSan Sebastián da Boa Vista

Breves

L’extravagante faune n’arrêt pas de nous présenter des nouveaux personnages, ils profitent des énormes montées de la rivière pour se cacher dans des marais qui lui servent de camouflage entre la végétation et la boue, au frais et protégés.

Les jacaré (crocodiles) sont étonnants, avec leur tête pointue et tellement plate qu’on aurait envie de traverser sur eux en sautant comme sur de pierres. Des sucurí (anaconda) et des serpents glissent et font comme ils ne te voyaient pas, même si son regard dénonce leurs intentions mortifères.

Plus innocent semblent la piranha qui ouvre grand sa bouche et sont petit corps devient ridicule pour rapport à sa mandibule de dents de serre, je n’ose pas me moquer, on ne sais jamais…

Celui-là que j’aurai bien aimé voir mais on n’a pas eu l’occasion c’est le jaguar, le roi de la forêt, 2mts. de bête agile et imposante! Pas de chance pour moi.

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On a aussi ceux qui grâce à sa taille ou à son réputation semblent inoffensifs : de mantes religieuses, de grenouilles (aussi mortelles que petites), d’araignées, de moustiques, de capibaras, de toucans, d’hérons, de aras, de singes, de paresseux et une liste interminable de «marques et modèles» de papillons, des sauterelles, des lézards, des fourmis (plus de 70 différents), des iguanes, etc, etc, etc.
Aussi périlleux sont les poissons amazoniens, la Piranha est connue par tous, mais le plus dangereux est le Pirarucú, le plus grand poisson d’eau douce du monde, l’anguille électrique (qu’en faîte n’appartient pas a cette famille) qui peut produire de décharges électriques de 600 volts, même plusieurs heures après sa mort. Le Pacú et le Surubí sont très savoureux et font partie de la diète habituelle de cette région.

La pêche est abondante mais ils se lamentent parce que les grandes compagnies font de la concurrence déloyale aux petits pêcheurs artisans. Ils pêchent aussi du camarao, s’en servent de plusieurs méthodes mais il y a un très curieux, il s’agit d’un filé circulaire qui a de petits plombs tout au tour et quand ils le lancent semble danser comme une jupe en cloche, et quand il touche la surface de l’eau commence à se refermer à la façon d’une grosse méduse géant; c’est hypnotisant s’appuyer dans le garde-fou d’un pont et regarder de là haute la danse des pêcheurs.

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Tajapurú

C’est le 8 mars 2006, on continue à naviguer dans l’intérieur de la rivière, et un mois plus tard elle continue aussi énigmatique à nos yeux que le premier jour. L’humidité permanente nourrisse cette vorace jungle de taille phénoménale et diminue notre activité. Les eaux opaques et terreux teintent les coques de nos bateaux qui s’ouvrent de chemin à moteur dans cette guerre constant contre le courent qui nous attaque avec de l’eau, avec des troncs, et avec des mururés (des iles flottants  végétales qui s’arrachent de la forêt) ; en plus on doit surveiller aussi l’intensif trafique fluvial.

Le ciel s’assombri à nouveau et la pluie déborde en colère le ciel pour se vider dans la rivière plaine déjà, noire, fatiguée. Finalement on arrive au mouillage et on peut débarquer ; c’est le moment de la découverte, le fait de ne pas savoir qu’est ce qu’on va se retrouver me rempli d’illusion et de curiosité.

Les enfants qui nous ont déjà vu arriver courent vers nous, les plus petits arrivent en retard et montrent leurs visages dessus en voyant que le sac à bombons est vide, mais j’avais réservé un poignée pour eux. Même pas toutes les mouettes de ma ville n’auraient pas crié aussi fort, ils sautaient au tour de moi contents comme de fous en montrant leurs petits dents de nacre. Quand on voit de quoi peu ils ont besoin pour être si heureuses c’est extraordinaire!

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Cette caractéristique existe aussi chez des adultes, l’accueil et l’amabilité qui nous ont montré c’est inversement proportionnel à leur pauvreté; ils aiment bien recevoir des cadeaux mais ils ne vont rien accepter s’ils ne peuvent pas t’offrir quelque chose comme échange, soit un fruit, un collier, ou une taille en bois.

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Publié dans 2006 Brésil - Amazonie
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