Nous enfilons le West pur et dur –direction aux Maldives- dans les eaux de l’Océan Indien, le vent mousson du NW sera nôtre essence à partir d’ici.
La mer est foncée, très bleu, sans doute parce qu’on est dans la terre des saphirs, et quand la vague se casse devient une énorme aigue-marine céleste et transparente.
La nuit tombe et on découvre que dans cette immensité marine il n’y a pas de lune, ni grande ni petite, on n’a pas eu le droit même pas à un petit bout, ceux sont les nuits les plus noires du dernière an, mais on ne peut pas se plaindre, la côte de l’Inde nous protége de la houle et la traversée devient rapide et commode, en tout cas, pas non plus de pêché.
Las Maldivas
Conformé par vingt-six atolls, 1.900 îles et îlots, l’archipel des Maldives est le pays le plus plat du monde avec une hauteur record de 2 mt. A cause de ça il a été fort dévaste par le tsunami qui a suivi au tremblement de terre en 2004, qui avait inondé le territoire presque par complet. Aujourd’hui le risque qui soit effacé de la planète c’est très élevé. Pour tout ça la navigation dans les proximités et à l’intérieur des lagons exige beaucoup d’attention.
Le tourisme c’est sa seconde activité mais le critère c’est claire, seulement quelques atolls vont être victimes de l’invasion des touristes, le reste des endroits ne pourront pas être visités sous aucun prétexte.
On prie aux femmes de se couvrir les épaules et leurs jambes pour descendre à terre.
Il n’y a que de musulmans, sans exception, et nous n’avons pas vu une seule femme sans son voile, elles sont habillées très foncé, presque toutes en noir, ça fait bizarre de les rencontrer comme ça sur une minuscule île sablée que compte deux km2.
À Uligamu les rues sont de sable, bordées d’arbres à pain et de papayes; il n’y a pas de voitures ni de camions, pas d’hôtel ni de restaurant, pas de magasins. Il s’agit d’un petit village avec de souriants habitants, tranquille et perdu, ils ont par contre une petite école, un dispensaire et une antenne télé, et bien sûr LEUR mosquée.
Tous les 10 jours il y a un bateau qu’arrive depuis Male (la capitale) avec de provisions: des produits frais, leur courrier et leurs commandes.
Presque tout le village a été construit avec de petits morceaux de corail, c’est vraiment beau mais cette technique, défendue aujourd’hui, a provoqué des dégâts écologiques terribles dans leurs fonds marins.
Les voiliers ne peuvent pas visiter que les îles plus au nord parce que le profondeur à la région sud dépasse de 40 mt, et comme ça ne serait pas très bien vu de jeter l’ancre sur les jardins de corail, on n’y va pas. La vie sous marine dans le nord c’est moins variée et pas très colorée mais de toutes façons nous nous amusons bien.
La veille de notre départ nous allons faire la sortie, le village fait la siesta, à l’exception de quelques vieux silencieux qui prennent un poste dans leurs hamacs au milieu de la place pour discuter un peu et contempler le couché du soleil en attendant leur rendez-vous avec Alá; l’appel à la prier marque le rythme de chaque journée. C’est comme ça qu’ils passent leurs jours, leur vie.
Travesía a Omán
Je n’ai pas envie d’affronter la traversée jusqu’à Omán, mais plus tôt ou plus tard il faudra y aller. Alors on se met en route. C’est notre dernier trajet de plus de 1.000 miles sans apercevoir la côte, et aussi, sans doute, la plus étrange que nous avons vécu.
Si bien la météo augure des conditions très favorables, les infos que nous envoie l’Unité de l’Armée Espagnole lié à «l’Opération Atalanta» dans le Golf d’Aden ne sont pas optimistes, et deviennent plus inquiétants à chaque jour, selon on se rapproche du «quartier chaude»
(3º jour de navigation)
Bon soir: nous avons des infos d’un possible navire nourrice position “X”
On vous recommande d’être prudents en extrême dans cette zone
Bonne navigation
(4º jour de navigation) Cher Sr. Viso:
On vous prévient de l’existence de possibles bateaux suspects position “Y”
Poussez-vous à l’extrême les précautions de sécurité, évitez de vous approcher de cette position, on vous tiendra au courrant.
Saludos.
Cher Sr. Viso:
On vous communique l’existence d’un autre possible bateau pirate dans les alentours,
position “V” .
Bateau type Dhow, coque rouge, 12 personnes à bord.
À cause des caractéristiques de votre bateau le risque pour votre sécurité c’est extrême,
on vous conseil de pas y approcher.
Saludos.
(5º jour de navigation) Cher Capitán:
Le Dhow "SAAD 1", possible navire pirate se trouve en route vers la Cuenca de Somalia,
o Golfo de Adén, pour être utilise dans de prochains attaques
Dernière position qu’on a connu, pas loin du point “J”. Nous croyons qu’il va vers
Circle 100 millas centré dans la position “tal”, ou
Circle 100 millas centré en position “cual”
On vous prie de rester très attentif si vous êtes obligées d’ y passer dans la région,
Prévenez-nous a cet COVAM de n’importe quel mouvemente suspect.
Votre bateau est très vulnérable (petit moteur, petit hauteur, pas de moyens pour vous protéger)
S’il vous plaît, suivez les conseils de la International Sailing Federation dans le document qu’on vous a déjà envoyé, qui a été publié dans la WEB de MSC(HOA).
Saludos.
Et ça continue tous les jours, ils font le maximum pour nous aider dans la distance, mais l’inquiétude augmente à bord, les infos ne sont pas claires «possible bateau nourrice», «activité suspect». Chaque journée notre plotter se remplisse avec de nouvelles têtes de mort qui nous préviennent:
“Vous ne les voyez pas mais ils sont là”
Finalement nous arrivons à Salalah ¡¡UFF!!, et on mouille dans un démesuré port au milieu de rien. Le 82% du territoire d’ Omán est du désert, quel problème d’espace pourraient ils avoir?.
Tout d’un coup on se sent dans un autre planète, ils sont vraiment étranges, les hommes se promènent en chemise de nuit et les femmes se déguisent en Batman –plutôt Batwomen-, elles me font peur.
Ici on ne ferait qu’un bref stop technique, alors on se dépêche, nous allons au marché, on achète du fromage de chèvre, on fait du gasoil, on persuade un chameau de dégager la route, on prend une bière dans un club de “tapadillo”, et nous continuons notre route vers Aden-Yemen.
On était tellement accélérés que j’ai oublié d’acheter un peu de porc je je!!



Golfo de Adén
Après pas mal de cabales pour décider quelle serait l’option moins mauvais pour passer l’Etroit d’Aden –a part la NON OPTION du Ministère de l’Extérieur espagnol:
“No vayan”-, on décide de naviguer a trois avec deux monocoques de taille et capacité de vitesse similaires à celle de «Zarpas»
Et voilà que le suisse Rudy et son épouse Liliam à bord de “Shiva” et le couple d’italiens Mónica y Danilo sur son “Falabrach” sont devenus nos copains de traversée, et les uns l’ombre des autres pendant quatre jours interminables.
Le “Couloir de sécurité” ça n’est rien d’autre que: Des eaux où on pourrait intervenir s’y on a le temps d’y arriver, mais pas du tout une garantie, sauf si tu peux arriver à faire une vitesse supérieur aux 17-20 noeuds ¡No te jode! Simplement les pirates ne peuvent pas monter sur un bateau qui se déplace a cette vitesse.
Devant cette situation les Capitaines se sont décidés par l’option qu’on trouvé la plus claire: On fera route à 20 milles de la côte du Yemen car si un d’entre nous se fait attaquer, les autres auront le temps d’envoyer les “me dai” de VHF et tel satellite. De cette façon on suppose que même s’y on se fait agresser et voler, ils ne vont pas prendre le risque de kidnapper le bateau parce que (on suppose aussi) ils vont se faire arrêter sans avoir le temps de rejoindre la côte somalienne.
Moi, au cas où, je viens d’attacher ma bandoulière pirate du Brésil –juste pour leur faire peur-. Fran me regarde du coin de l’œil et lui me prend pour une folle, il ne comprend rien de pression psychologique!
Si les journées sont longues, les nuits deviennent éternelles; nous naviguons sans aucun genre de signalisation, sans lumière, et on ne s’en sert pas des appareils qui puissent être captés dans la distance. Notre détresse augmente, la fatigue et l’exténuation se font sentir.
Les pêcheurs s’approchent au bateau, ils viennent pour nous demander de l’eau et des cigarettes, mais mon cœur se retourne à chaque fois, comment on peut savoir à l’avance quelles sont leurs intentions?
Des baleines pilot et des dauphins nous rendent visite aussi, ceux sont de centaines, on les a chaque jour et on se soulage grâce à eux, leurs sauts dans l’air et leurs acrobaties représente un relax, nous profitons de ce cortège de luxe qui se voit invariablement achevé par des couchés de soleil de rêve. ¡Quelle beauté!


Le LUXE AVEC DE MAJUSCULES c’est notre Armée, sí, sí, je parle de l’Armée Espagnole, qui nous avait déjà montré tout son soutien pendant la traversée jusqu’à Oman en nous envoyant tous les infos possibles à propos de la situation dans les zones où on était obligés de passer, et maintenant ils dépassent tous les prévisions. Nous envoyons tous les matins notre position, ils nous répondent tout de suite, et à midi ils nous téléphonent pour savoir comment ça va à bord. Ils nous préviennent des possibles bateaux pirates dans le coin. C’est incroyable!
Et le dernier jour de navigation est le top des top, eux sont venus jusqu’aux bateaux pour nous saluer et nous souhaiter bon jour et une bonne arrivée à Aden:
On entend quelqu’un qui appelle «Zarpas» par le 16VHF, ne sont pas nos copains puis avec eux on se communique à travers un canal courte distance. Qui c’est alors??
Nuestros chicos, l’hélicoptère de la unité “TORO” fait un vol de control dans la région et vient vers nous, on se parle un peu à la radio, on prend quelques photos, et avec un vif secouer de mains on le voit s’éloigner.
Je n’ai pas assez de mots pour pouvoir vous raconter qu’est ce qu’on a senti, c’est tellement émouvant dans de circonstances aussi difficiles de savoir qu’il y a quelqu’un en train de veiller pour nous.

Nous avons eu de la chance, il y a d’autres navigateurs que ne pourront pas dire ça, parce que nos politiques n’ont pas des couilles pour arrêter ces pauvres démons. Toute la Communauté International, bras croisés, regarde en attendant qui soit quelqu’un d’autre qui prenne la décision. Combien d’hypocrisie dans le monde!
J’en suis sûre qu’il ne faut pas qu’on vous raconte qu’est ce qu’on a fait en arrivant
Bisous à tous. Eva y Fran


